BOUYER LEROUX dans la course avec Vincent RIOUX sur PRB
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BOUYER LEROUX dans la course avec Vincent RIOUX sur PRB

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 Retour sur le démâtage de Vincent Riou

Ce Vendée Globe est décidément incroyable en rebondissements. Après avoir, héroïquement, porter secours à Jean Le Cam mardi dernier, Vincent Riou était contraint, le lendemain, de rentrer son PRB au port après un démâtage. En ces heures difficiles, Bouyer Leroux soutient Vincent Riou dans sa déception de devoir stopper sa course.

Lors du sauvetage de Jean Le Cam suite au chavirage de son monocoque, le bateau de Vincent Riou avait touché le voile de quille en carbone de VM Matériaux et sectionné un outrigger. Le profil avait  alors failli tomber, n’étant presque plus tenu latéralement sur bâbord, mais les deux hommes réussirent à manœuvrer pour sauver le mât et assurer un temps sa verticalité. Jean Le Cam et Vincent Riou étaient donc en route vers l’île des Etats après avoir passé le cap Horn mercredi soir lorsque, vers 20h, le mât s’est écroulé suite à la rupture du brêlage (ligature en cordage) qui servait de réparation à l’outrigger.

Alerté par un message d’assistance, un PAM-PAM, un bateau de la marine chilienne est ensuite parti de Puerto Williams à 22h30 pour tenter le remorquage. L’Alacalufe, un bâtiment de 32,7 mètres, arrivait sur zone à 1h50, l’opération de remorquage débutant à 4h/4h30 du matin (HF).

A 10h30 ce matin (HF), PRB arrivait à Puerto Williams, Isabelle Autissier attendant les deux hommes à l’entrée du Canal de Beagle. Sains et saufs, les deux hommes étaient fatigués et déçus comme en attestait la voix triste de Vincent : « J’ai les bras qui tombent, c’est le truc de trop. J’ai l’impression que l’histoire se répète après les avaries que j’ai déjà connues l’année dernière. C’est une grosse déception. A présent, avec Jean, nous allons communiquer avec nos amis chiliens pour trouver un mouillage correct pour garder le bateau en sécurité. Ensuite je pourrai réfléchir tranquillement à la suite à donner aux évènements et aller me reposer car je suis très fatigué. »

Motif de satisfaction dans sa malchance : Vincent a vu le jury acter le principe de redressement. En effet, le skipper de PRB s’était dérouté suite à la demande de la Direction de Course pour effectuer le sauvetage de son ami Jean Le Cam. Suite à la rupture de la réparation de fortune effectuée après l’opération de sauvetage, PRB démâtait complètement. De retour au port, Vincent Riou considérait donc ces « événements directement liés et intégralement imputables à l’opération de sauvetage » et notait que désormais, il lui était définitivement devenu impossible de « poursuivre la compétition vers le port d’arrivée situé aux Sables d’Olonne ». De ce fait, il demande le reclassement de son bateau. Requête prise en compte par Bernard Bonneau qui, au nom du Jury international, décidait d’instuire cette demande et demandait au Comité de Course de considérer PRB et son skipper comme RDG (réparation donnée). Pour le moment, ce n’est pas sous la dénomination ABD (pour abandon) qu’apparaîtra Vincent au classement mais sous la dénomination RDG en 13ème position.

En attendant la décision finale du jury, Vincent est arrivé à Ushuaia samedi pour mettre son monocoque au mouillage. Dans la semaine, Vincent pourrait, comme Jean Le Cam, s’envoler du port argentin, laissant, sur place, son équipe technique prendre le relais. L’objectif est de ramener PRB par cargo vers la France assez rapidement.

L’entreprise Bouyer Leroux insiste sur le soutien sincère qu’elle apporte à son marin et lui souhaite beaucoup de courage. Vincent peut d’ores et déjà être fier du chemin parcouru et du sauvetage réussi qui restera, à la fin de la course, comme l’un des évènements majeurs de cette sixième édition du Vendée Globe.

   

 Le jury acte le principe d'un redressement pour Vincent, J+61 - 09/01/09

A retenir :
- Vincent avait fait une demande de réparation dès le sauvetage de Jean effectué
- le skipper de PRB a maintenu cette demande après son démâtage
- le jury international du Vendée Globe a signifié son acceptation d’instruire la demande de Vincent
- En attendant, il apparaitra sur les positions comme RDG (redressement acté)
- PRB, Jean et Vincent sont toujours à Puerto Williams en attendant d’aller à Ushuaïa


Suite à l’avarie de gréement survenue du fait de l’opération de sauvetage de Jean Le Cam (casse de l’outrigger bâbord), Vincent Riou avait signifié par écrit au Président du Jury International, Bernard Bonneau, une demande de réparation. Vincent s’était en effet dérouté à la demande de la direction de course du Vendée Globe conformément à la règle fondamentale 1.1 des Règles de course à la voile (elle tient en  une ligne : « Un bateau ou un concurrent doit apporter toute l’aide possible à toute personne ou navire en danger »).

Vincent considérait en effet qu’aucune faute ne pouvait lui être imputée dans les dommages subis par son monocoque PRB lors du sauvetage de Jean. Et il notait que « Ces dommages nécessitent une intervention lourde qui ne peut être réalisée seul et en mer ».

Après le démâtage complet de PRB le mercredi 7 janvier 2009 provoqué par la rupture de la réparation de fortune, Vincent a confirmé jeudi par courrier au Jury qu’il maintenait sa demande de réparation. Le skipper de PRB jugeait en effet ces derniers « événements directement consécutifs et intégralement imputables à l’opération de sauvetage » et notait que désormais, il lui était définitivement devenu impossible de « poursuivre la compétition vers le port d’arrivée situé aux Sables d’Olonne ».  A moyen terme, Vincent ne dispose en effet sur place d’aucun espar de remplacement ni même d’un autre espar pouvant être acheminé dans un délai de temps raisonnable.

En conséquence, Vincent précisait qu’il demandait un reclassement de son bateau comme cela se pratique régulièrement sur des régates internationales lorsqu’un bateau est lésé d’une manière ou d’une autre sans que sa responsabilité soit engagée.

Au nom du Jury International, Bernard Bonneau a indiqué en substance que les derniers événements ne changeaient rien à l’acceptation par le jury d’instruire cette demande et en attendant demandait à la direction de course d’indiquer que PRB et son skipper était RDG (pour « Redress Given » soit « Réparation donnée »). Ce qui signifie clairement que le principe de la réparation est acté mais que sa nature n’est pas encore tranchée. Jusqu’à ce que soit connue la décision du jury, c’est donc sous cette dénomination qu’apparaîtra PRB dans le tableau officiel des positionnements de la course.


PRB, Vincent et Jean toujours à Puerto Williams

Vincent et Jean sont actuellement toujours à Puerto Williams. Ils ont passé la journée d’hier avec la douane chilienne afin de régler les questions administratives rendues difficiles par l’absence de papiers de Jean. Il devrait récupérer son passeport dans la journée ce qui les autorisera à quitter la zone chilienne. L’objectif de Vincent étant de faire remorquer PRB jusqu’à Ushuaïa distant d’une vingtaine de milles et situé du côté Argentin. A priori, la solution de remorquage ne devrait pas pouvoir être effectuée aujourd’hui mais probablement durant le week end ou tout début de semaine prochaine en fonction des conditions météo. Vincent et son équipe technique tentent de trouver une solution de retour du monocoque vendéen par cargo depuis Ushuaïa.

 

  

     

  Première vacation de Vincent après son dématage, J+60 - 08/01/09

   
Vincent est arrivé ce matin à 10h30 (HF) à Puerto Williams. Il a pris quelques minutes pour répondre aux questions de l’organisation du Vendée Globe. Voici ces premiers mots après son démâtage survenu hier soir :
    
   

« Nous étions en train de manœuvrer en approche du canal Beagle et la cadène provisoire que nous avions faite à bâbord a cassé. Le mât est tombé tranquillement dans l’eau. On n’a rien pu faire d’autre que de l’abandonner car il y avait du clapot. C’était plus dangereux qu’autre chose. La nuit dernière, on a été pris en remorque par la marine chilienne et on vient d’arriver à Puerto Williams. On avait fait 250 milles avec le gréement réparé, il n’en restait que 50 à faire ! C’est comme ça. J’ai du mal à me projeter plus loin que là où je suis. Il faut qu’on se pose, qu’on se repose, qu’on règle nos problèmes de douanes qui ne vont pas être simples. Il est surtout urgent de ne pas se précipiter. Physiq! uement, on est fatigué mais ça, on connait. Que ce soit moi ou Jean, on en a les bras qui tombent, c’est le truc de trop. Il va falloir qu’on fasse avec mais ça m’arrive après d’autres événements similaires qui me sont arrivés l’année dernière (note 1). J’ai l’impression que l’histoire se répète. On est amarré de manière provisoire à un ponton militaire. Maintenant, on va essayer de trouver un mouillage correct pour garder le bateau en sécurité. »

  
Note 1 : Vincent fait référence à son avarie de quille survenue après la rencontre avec un cétacé dans la Transat anglaise et son démâtage partiel qui l’avait contrait à l’abandon dans la Barcelona World Race

  

   

    

   

 PRB a dématé, Vincent et Jean sont sains et saufs, J+59 - 07/01/09
   

PRB a paré le Horn vers 19 h heure française, le vent soufflait alors à 30 nœuds mais les deux marins n’avaient pas l’air d’être impressionnés par les creux ainsi formés. Au contraire, ils disaient encore leur plaisir de se retrouver là ensemble, pour, riait même Jean, « une première, un passage du Horn en double dans le Vendée Globe ».
Une grosse heure  après, à 20h20, l’ambiance était malheureusement toute autre. Dans un rapide coup de téléphone à son équipe de presse, Vincent expliquait : « on vient de démâter, on est dans les iles ». Pas de panique dans la voix mais une économie des mots d’un homme pressé de rejoindre le pont. PRB se situait alors par 55°55 Sud et 66° 59 Ouest à 7,8 milles dans le nord-est du phare du Horn. Juste avant, Isabelle Autissier les avait joints par téléphone pour préparer leur rendez-vous du lendemain et signalait « qu’ils avaient 25 nœuds de vent de nord-ouest et que ce n’est pas évident ». A 21h17, Vincent recontactait son équipe. Il signalait alors ne pas vouloir lancer un SOS mais chercher, notamment via les contacts d’Isabelle, si un bateau pouvait les remorquer. C’est le brela! ge effectué sur la cadène bâbord, celle de l’outrigger cassé,  qui s’est rompu entrainant la chute du mât de PRB. A bord, ne restait plus que la bôme donc pas de possibilité de gréement de fortune dans l’immédiat. Surtout, Vincent évoquait l’impossibilité de réaliser un tel gréement en naviguant dans les îles.
Les deux hommes s’affairaient rapidement à couper les câbles et dégager un pont que Vincent décrira plus tard comme « détruit et privé de tout chandelier ». Le bateau dérivait alors à 1,5 nœud au 25° ce qui les éloignait des îles. A la suite de cet appel, Vincent contactait Denis Horeau, le directeur de course du Vendée Globe, et se décidait à émettre un PAM-PAM. A la différence d’un May-Day, il ne s’agit pas d’une demande d’assistance pour les hommes (ce qui les conduit à quitter obligatoirement le bord dès les sauveteurs arrivés) mais d’une « simple » demande d’assistance pour remorquage. Denis Horeau contactait immédiatement les autorités chiliennes qui devaient le rappeler dès qu’un bateau de remorquage serait prêt. Le port le plus proche &ea! cute;tant Puerto Williams distant de 55 milles, on peut espérer l’arrivée d’un bateau dans la nuit (en HF), le jour se couchant à 1h30 HF. Sur zone, le vent est annoncé se renforçant progressivement au nord-ouest en cours de nuit avec des creux de 4 à 5 mètres. A 22 heures, Vincent signalait que le bateau progressait vers l’entrée du Beagle.

 

 

  Vincent RIOU, sauveteur de Jean LE CAM / J+59 - 07/01/09

Quatrième au 59ème jour de course, Vincent Riou (PRB) fait route vers le Cap Horn. Ces dernières heures éprouvantes passées au sauvetage de Jean Le Cam ont logiquement permis à Michel Desjoyeaux (premier) et Roland Jourdain (deuxième) de se détacher. Retour sur l’un des épisodes marquants de ce Vendée Globe…  
  

Mardi matin, 1h40 (TU), le déclenchement de la balise Sarsat de VM Matériaux fait état de la détresse de Jean Le Cam. Aussitôt, la décision est prise de détourner PRB et BRIT AIR pour porter assistance au skipper breton. Vincent était en réalité déjà au courant de la situation de Jean Le Cam avec qui il conversait au téléphone juste avant le chavirage. Le Cam témoignait alors de quelque chose d’anormal à bord. Information confirmée quelques heures plus tard par la direction de course qui ne tardait pas à mettre les moyens en œuvre pour secourir VM Matériaux.

 

Sur zone à 15h00, l’objectif premier de Vincent était de confirmer la présence de Jean à bord. Il a alors crié. Jean lui répondit par un autre cri puissant et plein d’énergie. En fin de journée, une solution de secours était déclenchée par le MRCC chilien avec le concours de la direction de course du Vendée Globe : un navire de la marine chilienne avec plusieurs plongeurs à son bord qui devait arriver à 6h le lendemain matin. Mais à seulement 5°C, Jean Le Cam souffrait évidemment du froid et les perspectives de sauvetage semblaient, dans ces conditions, une éternité. Vincent décidait alors de tout tenter, d’autant que Jean réussissait finalement à se hisser hors de son bateau en combinaison de survie. Au bout de quatre passages, Vincent récupérait finalement Jean à son bord, sain et sauf.

 

Dans la manœuvre, la tête de l’outrigger bâbord de PRB a littéralement été décapitée par le voile de quille de VM Matériaux.  Sauvé et sauveteur se sont immédiatement mués en équipiers de fortune pour tenter de sauver le mât qui, privé de retenue bâbord, basculait dangereusement sur tribord. Les deux hommes ont quelques heures maintenant devant eux pour tenter de rafistoler un gréement sur bâbord afin de faire route sur le Cap Horn.

 

Depuis le sauvetage, Vincent a dû se séparer de « son binôme » Armel Le Cléac’h, également présent pour assister le sauvetage. Le skipper de PRB reprendra place dans le match après avoir débarqué Jean Le Cam, probablement du côté du détroit de Le Maire. Vincent tentera tout pour finir sa course mais, quoi qu’il arrive et même s’il ne le réalise pas encore, il vient d’écrire un large chapitre de l’histoire du Vendée Globe 2008-2009…

 

  Le Cap Horn au bout de la ligne, J+57 - 05/01/09

    

A retenir dans ce communiqué :
- Michel Desjoyeaux ainsi que Roland Jourdain ont passé le Cap Horn aujourd’hui
- Vincent Riou évolue dans un temps à grains
- Il doit franchir le célèbre cap dans la nuit de mardi à mercredi

      
Alors que les deux leaders du Vendée Globe, Michel Desjoyeaux et Roland Jourdain ont franchi aujourd’hui même le Cap Horn, l’océan Pacifique offre aux poursuivants directs un cadeau d’au-revoir avec quelques grains disséminés sur la route. Pour Vincent Riou, ils sont plutôt cléments mais Jean Le Cam, plus proche de la pointe Sud-Américaine, parle pour sa part de « monstres » capables de transformer une brise mollassonne en violente bourrasque à plus de 35 nœuds. Dans ces conditions, les moyennes de Vendée Matériaux connaissent des hauts et des bas alors que Brit Air et PRB, toujours inséparables sont quasiment sur la route directe du célèbre Cap. Selon ses routages, Vincent Riou devrait rallier l’océan Atlantique dans la nuit de mardi à mercredi, avant 5 heures du matin. Il aura donc environ deux jours de retard sur le leader! Michel Desjoyeaux. Malgré l’allongement du parcours, le vainqueur de l’édition 2000 – 2001 a mis 2 heures et 5 minutes de moins que Jean Le Cam sur le parcours Les Sables d’Olonne – Cap Horn. Il améliore ainsi la moyenne de 0,8 nœuds.

        

    
Interview de Vincent Riou :
"C’est un peu agité mais ça va bien. La mer est un peu croisée mais surtout, le ciel est instable avec beaucoup de grains. L’air est froid et dense, donc quand ça arrive sur le bateau, ça pousse. Nous sommes quasiment en route directe vers le Cap Horn. La météo a été plutôt sympa pour Armel et moi car elle nous permet de revenir sur Jean. Selon le routage, je devrais franchir le Cap Horn entre 22h00 TU le 6 janvier et 4h00 TU le 7. C’est 48 heures derrière Michel Desjoyeaux, c’est un bel écart mais il reste 7000 milles. C’est la deuxième fois que je traverse le Pacifique et c’est très différent. En 2004, nous n’avions pas vu de tempêtes et nous n’avions changé que deux fois d’amure. Cette année, ça n’a pas été énorme mais il a fallu souvent changer de trajectoire. Cel! ui de cette année est plus conforme à la norme que celui d’il y a quatre ans. Le Cap Horn sera surtout un soulagement psychologique car les conditions ne vont pas beaucoup changer pour le moment. Tant qu’on est dans l’Atlantique Sud, on est dans les mers du Sud et il faut attendre une petite semaine pour que la température remonte. On va être dans un groupe de 3 bateaux au sein duquel il y aura moyen de jouer. Ce sera une belle bagarre car les concurrents sont sérieux. Je ne sais pas si on pourra passer ceux de devant, c’est la météo qui le décidera".
   
Classement à 16h00 :

1. Foncia (Michel Desjoyeaux) à 6904 milles de l’arrivée
2. Veolia Environnement (Roland Jourdain) à 77 milles
3. VM Matériaux (Jean Le Cam) à 461 milles
4. PRB (Vincent Riou) à 653 milles

    

   

 

   

  Une 5ème place pour un cadeau de Noël, J+46 - 25/12/08

       

A l’heure où nous, terriens, avons ouvert nos cadeaux et enchainons les bons repas avec nos proches, les dépressions se sont invitées au menu de Noël des solitaires du Vendée Globe. Depuis plusieurs heures, Vincent Riou « déguste » !

     

 

     

     

   

     

 Au tour de PRB et de Brit Air de resserrer les écarts, J+44 - 23/12/08

         

Comme prévu, le front dépressionnaire traversé par les poursuivants a bien secoué les bateaux. PRB, qui a affronté le plus dur du coup de vent la nuit dernière (pour nous, ndr), n’a pas été en reste. Mais c’est surtout l’état de la mer à l’approche du plateau continental du Sud de la Nouvelle Zélande qui a contraint finalement Vincent à lever le pied.

 

 Armel Le Cleac’h, situé seulement 9 milles devant le skipper de Loctudy hier soir, a visiblement moins ralenti son monocoque malgré ces conditions difficiles. PRB a donc perdu un peu de terrain sur Brit Air, une trentaine de milles en 24 heures. Cette gestion différente du rythme ces dernières heures n’a pas empêché Vincent et Armel d’afficher leur meilleure progression depuis le départ des Sables d’Olonne. Selon l’organisation de la course, « avec une belle brise portante et une grande houle, les deux compères Vincent Riou (PRB) et Armel Le Cléac’h (Brit Air) ont réalisé ce mardi matin, leur meilleur score depuis le départ du Vendée Globe : Armel a parcouru en 24 heures 446,3 milles, tandis que Vincent a cumulé 416,7 milles… soit plus de 17,5 nœuds de moyenne ! ».
Les deux monocoques qui progressent toujours sur une route Nord ne devraient pas se quitter jusqu’à la prochaine porte de la Nouvelle Zélande. Leur vitesse leur a permis de grappiller quelques milles sur les leaders qui ont, eux, vu leur moyenne fléchir dans les vents moins soutenus de  l’avant du front. PRB est désormais à 416 milles de Foncia, soit un gain de près de 90 milles en 24 heures.
Malgré l’écart qui les sépare de la tête de flotte, le duo Le Cleach/Riou ne lâche rien et reste bien décidé à saisir, au contraire, la moindre opportunité pour colmater l’écart avec les leaders. 
Vincent estimait même ce matin que l’élastique pourrait encore jouer en sa faveur dans les heures à venir. Michel Desjoyeaux devrait en effet se retrouver au près à l’approche de la prochaine porte en raison d’une dépression actuellement en formation tandis que PRB continuera de progresser au portant dans un vent soutenu. Une prévision qui fait dire à Vincent qu’il ne « devrait » concéder qu’entre 15 et 20 heures de retard sur le leader au niveau de cette porte virtuelle.  
    
    
Vincent à la vacation aujourd’hui :
« Depuis quelques heures, nous sommes montés sur le plateau continental sous la Nouvelle Zélande. J’ai levé le pied car la mer n’est pas belle. J’ai 28 nœuds de vent avec une mer chaotique mais dans peu de temps, ce sera reparti. Pour Mich Desj, c’est le jeu de l’élastique. Ça va durer un moment. Ça va continuer à jouer pour nous. Il risque de faire du près pendant que nous arriverons à bonne allure vers lui. C’est vrai que je suis souvent à côté d’Armel. On a fait à peu près la même route. Je l’ai croisé peu après le départ et maintenant on se croise souvent. On a la même cadence et il n’y a pas eu de gros écarts de trajectoires. Il y a eu peu d’initiatives stratégiques dans l’Atlantique et depuis qu’on est dans le Sud, les portes de glaces ne laissent pas beaucoup de choix possibles. Il faut reconnaitre que les modèles météo n’arrêtent pas de s’améliorer et qu’on a eu au maximum 4 ou 5 jours entre deux points de passage obligatoire et la météo est redoutablement précise. Normalement, Armel va un peu plus vite dans la brise et moi un peu plus vite dans le medium. Peut-être qu’on passera le réveillon ensemble, on ne sait jamais. Nous sommes nombreux à rêver de trouver des conditions de navigations plus simples. Les mers du Sud sont usantes pour ça. On est beaucoup dans les bateaux et ça devient lassant. On rêve de conditions qui nous permettrons de faire des choses à l’extérieur parce que par moment, on n’a pas vraiment l’impression de faire de la voile. Il fait 9° dans le bateau, l’eau est à 7°. Dans le pacifique, on va trouver de l’eau et de l’air chaud ! » 
         
           
Extrait du classement de 16h00 :
1 – Michel Desjoyeaux / Foncia
2 – Roland Jourdain / Veolia Environnement à 50,4 milles
3 – Sébastien Josse / BT à 153,7 milles
4 – Jean le Cam / VM Matériaux à 168,8 milles
5 – Armel Le Cleac’h / Brit Air à 375,5 milles
6 – Vincent Riou / PRB à 416 milles

  

    

     

    

 Dents serrées pour 15 jours encore, J+43 - 22/12/08

      

A retenir :
- PRB de nouveau dans une dépression
- PRB et Brit’Air toujours bord à bord
- Vincent est à 504 milles de Foncia


Le Pacifique semble parfois bien mal nommé. C’est le cas en ce moment pour PRB et Brit’Air qui progressent toujours à proximité, respectivement à la 6ème et 5ème place de ce Vendée Globe et à environ 1200 milles de la prochaine porte. Vincent et Armel Le Cleac’h vont devoir gérer pour les prochaines 24 heures le passage d’une nouvelle dépression avec des vents moyens de 40 nœuds. L’avantage, c’est que les vitesses des deux poursuivants vont augmenter. Par contre, il va falloir oublier le confort pour quelques heures. « On va se faire casser la figure. L’ambiance sera debout sur les portières ! » raconte Vincent avant de préciser qu’en progressant à 120° du vent dans 40 nœuds moyen, PRB sera sur la tranche avec des paquets d’eau déferlants partout dans le cockpit ! Pas de tout repos donc pour un océan qui se veut pacifique…
A la sortie de ce front dépressionnaire, le skipper de PRB devrait au moins avoir la satisfaction d’avoir repris quelques milles sur ses adversaires. Mais une fois à la Porte de la Nouvelle Zélande, la situation météo pourrait bien se compliquer de nouveau. Vincent cogite donc sur ces casses tête météo mais n’en oublie pas de savourer l’instant. Il profite pleinement du fait d’être en course sur ce parcours exceptionnel même dans le Grand Sud, l’un des endroits les plus hostiles pour la navigation. Il en entrevoit même déjà la porte de sortie. « Bon, c’est sûr qu’on ne va pas passer le réveillon tranquille. On a encore au moins 16 jours à serrer les dents. Après, on ne sera pas loin du Horn ». Mais avant d’apercevoir la pointe de l’Amérique du Sud, il reste encore le plus grand océan du monde à parcourir.

     
Vincent par téléphone en début d’après-midi :

« La nuit est noire, très noire. Je progresse à 15 – 16 nœuds de moyenne. Pour les prochaines 24 heures, on va être assez rapide. Il y a du vent de prévu. Par contre, ça ne va pas être très rigolo. On progressera à 120° du vent, le bateau ballasté pour gagner en stabilité. Le bateau sera sur la tranche avec de l’eau partout dans le cockpit. On va se faire secouer. Ce ne sera pas encore les grandes glissades. Mais quoi qu’il en soit, c’est mieux d’avoir du vent pour faire avancer le bateau sur la route. Cela va d’ailleurs jouer en notre faveur et nous permettre de rattraper quelques milles sur nos adversaires. Bon, c’est sûr qu’on ne va pas passer le réveillon tranquille. On a encore au moins 16 jours à serrer les dents. Après, on ne sera pas loin du Horn. Ca sera la porte de sortie du Sud et ce! ne sera pas pour nous déplaire. » 

           
Extrait du classement de 16h00 :
1 – Michel Desjoyeaux / Foncia
2 – Roland Jourdain / Veolia Environnement à 67,6 milles
3 – Sébastien Josse / BT à 204,6 milles
4 – Jean Le Cam / VM Matériaux à 244 milles
5 – Armel Le Cleac’h / Brit’Air à 493,6 milles
6 – Vincent Riou / PRB à 504 milles
    

    

    

     

 Un dimanche de mi-parcours, J+42 - 21/12/08

    

A retenir dans ce communiqué :
- PRB aura accompli ce soir la moitié du parcours
- Ce dimanche est une journée de transition avant l’arrivée demain d’un nouveau coup de vent
- PRB est 6ème à 460 milles de Foncia
 
Journée tranquille à bord de PRB qui navigue dans une zone de transition située à l’avant d’une prochaine dépression. Pas de repos dominical cependant pour son skipper qui en a profité pour ranger et nettoyer le bateau, envoyer quelques images de préparation du réveillon et, surtout, vérifier l’ensemble du matériel en prévision du prochain coup de vent. « Il sera costaud – prévient le skipper – puisque les fichiers annoncent 37/38 nœuds de vent c'est-à-dire plus en réalité ». Cette nuit (cet après-midi pour nous, ndr), les calmes devraient permettre à Vincent de se reposer : « en fin de soirée pour vous en France le vent va revenir à 12/15 nœuds de nord et ensuite ca va  monter ». Avec l’avantage de souffler de travers pour PRB et son « compagnon » ! des mers du sud, Brit Air, quasiment jusqu’à la porte de la Nouvelle-Zélande. Une porte où les conditions météos annoncées pourraient freiner la tête de la course, c’est du moins ce que craignais ce midi Sébastien Josse à la vacation avec le PC Course : « quand on va arriver sur la porte de Nouvelle-Zélande il y a une petite dépression qui va se creuser et on pourrait se retrouver au près. Cela ne sera pas terrible pour nous mais c'est dans 4 à 5 jours et cela a  le temps d’évoluer ». Ainsi va la vie dans le grand sud, rythmée par les journées de grand vent, les plus rares heures de calme, le rappel par les terriens de « leur » calendrier qui, autrement, disparaitrait totalement (celui qui identifie des dimanches ou des réveillons…) et un repère, bien concret lui, qui décroit au fil des heures, celui des milles restant à parcourir pour revenir à bon port. Et qui font de ce dimanche un jour vraiment particulier pour les six solitaires de tête qui ont ou qui vont dans les heures prochaines atteindre la moitie des 24 275 milles du parcours. Désormais ils sont dans la « descente »… 
    
Extraits de la vacation de Vincent ce midi avec le PC Course :
« Ca a été une journée tranquille et ca fait du bien. Demain cela va souffler de nouveau. On est monté nord avec Armel pour se caler devant une dépression qui part d'Australie. Nous n’avions pas tellement d'autres choix. Il y a quelques jours on aurait pu choisir une route sud qui nous aurait fait descendre vers 52°/53° Sud pour prendre le flux perturbé mais côté glace ce n’aurait vraiment pas été terrible. Donc on a choisi la route nord. Mon logiciel de routage n’indiquait qu’un gain de 3 heures pour la route sud une fois arrivé à la Porte de Nouvelle-Zélande donc cela ne valait vraiment pas le coup. Les premiers auront peut-être un petit avantage mais il y a une dépression qui arrive de la Nouvelle-Zélande qui va peut-être les ralentir un peu au niveau de la porte. On n’essaie de ne pas trop appréhender le temps qui passe. Le notre est rythmé par classements et la météo. Il y a des jours où cela passe très vite et d'autres moins. Les jours de transition passent vite car on en profite pour ranger, nettoyer les fonds, préparer le bateau pour la dépression suivante, notamment les voiles afin d'éviter ensuite qu'il n'arrive des problèmes pendant le coup de vent. On reste concentré pour ne pas faire de bêtises. »
           

 Classement à 11 heures
1  Michel Desjoyeaux (Foncia) à 11925.3 milles de l'arrivée 
2 Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 60.0 du leader  
3 Sébastien Josse (BT) à 160.3 milles 
4 Jean Le Cam (VM Matériaux) à 186.3 milles   
5 Armel Le Cléac´h (Brit Air) à 441.8 milles
6 Vincent Riou (PRB) à 460.8 milles

    

  

    

    

  En rang par deux, J+40 - 19/12/08

 

« Personne n’aura de cœur à faire la course tant que Yann sera seul dans son bateau » expliquait Vincent ce midi à la vacation. Difficile en effet de poursuivre avec le même entrain le tour du monde tout en connaissant la situation extrêmement délicate du skipper de Generali. Seule consolation, Marc Guillemot est désormais à proximité du bateau de Yann et assure un soutien direct extrêmement important au skipper blessé. Les secours australiens doivent quant à eux arriver sur zone en milieu de journée demain.

 

 Vincent a régulièrement eu des nouvelles de Marc et suit donc à distance l’évolution de la situation tout en poursuivant sa course.
Le skipper de PRB s’apprête à passer aujourd’hui la porte de sécurité Est Australie dans des conditions musclées. L’écart avec les premiers s’est encore un peu détendu. PRB est désormais à 431 milles du leader Foncia, qui mène le bal avec Roland Jourdain. Derrière, un second groupe continue de batailler. Il s’agit de BT, à 157 milles de Michel Desjoyeaux et Jean Le Cam à 211 milles. Vincent fait quant à lui partie du troisième groupe. Comme depuis plusieurs jours maintenant, il talonne Armel Le Cleac’h. La hiérarchie pour les six premiers solitaires semble installée pour plusieurs jours.
Mis à part les petits effets d’élastique, aucune grande option ne semble se dessiner pour les jours à venir. Mais c’est probablement aussi la présence de glace qui guidera les marins dans leurs choix de route. Plusieurs icebergs ont été repérés par satellite, certains à proximité de la porte Est Australie et d’autres sous la Nouvelle Zélande. Ces observations ont conduit les organisateurs à annoncer le déplacement de la porte 8. Voici l’avenant dévoilé hier soir par la direction de course « Tenant compte des paramètres suivants : la position des glaces repérées par le radar satellite Envisat et les éventualités de route que les concurrents pourraient prendre pour rallier la porte n° 8 Nouvelle-Zélande, après le passage de la porte 7 Est Australie, l'avenant n°4 à l'Avis de course/ l'article 8.2 des Instructions de course, la Direction de course a modifié la position de la porte glace n° 8 Nouvelle- Zélande. La nouvelle position est : 48°00 Sud, entre 170°00 Ouest et 160°00 Ouest. .. ». On parlait de prudence hier. Ce sentiment sera également mêlé d’appréhension pour Vincent qui a choisi de remettre un peu de Nord dans sa route dans l’après-midi. Pas question  de tenter le diable en jouant à la roulette russe d’autant que le jeu est assez fermé entre ces deux portes distantes (Australie Est et Nouvelle Zélande) de 2 000 milles.
 
Vincent à la vacation aujourd’hui :
« Nous sommes dans une phase de transition. On attend du mauvais temps pour la nuit à venir. Concernant la blessure de Yann Eliès, c’est ce qui peut arriver de pire. Qu’on casse des bateaux, ça ne fait quasiment ni chaud ni froid mais quand c’est le bonhomme, c’est dur. Je prends des nouvelles régulièrement par l’intermédiaire de Marc. C’est ce qui peut arriver de pire en solitaire, le SMUR ne débarque pas dans les 10 minutes. S’il y avait eu quelque chose à faire, on était tous partants pour y aller. Quand il se passe quelque chose comme ça, la priorité n’est plus la course. S’il avait fallu y aller, on aurait tous fait le nécessaire pour y aller. Cela restera une parenthèse dans la course. Personne n’aura de cœur à faire la course tant que Yann sera seul dans son bateau. Moi, ma blessure au pied m’a handicapé dans la mesure où je n’ai pas pu aller sur la plage avant pendant deux semaines. La nuit avant que Yann ait son accident, j’ai enfourné et j’ai terminé sur la table à cartes. Il y a des gros chocs. Les mouvements peuvent devenir importants et on peut vite se faire éjecter. Pour les jours à venir, il n’y a pas beaucoup d’options stratégiques. Le terrain de jeu n’est pas très ouvert à cause des portes qui sont rapprochées. Il y aura peut-être des petits coups à jouer car les modèles divergent. On pourra peut-être gagner ou perdre quelques dizaines de milles mais rien de fondamental. Les leaders ont un avantage qui n’est pas négligeable. Le jeu de l’élastique leur a été favorable. La course est longue, elle n’est pas finie et en plus, elle est semée d’embûches. C’est une course qui est encore très ouverte. Le vent varie entre 18 et 42 nœuds. J’ai du changer 7 fois de configuration de voilure. On va avoir des jolis creux. La nuit prochaine sera agitée! » 
    
Extrait du classement de 16h00 :
1 – Michel Desjoyeaux / Foncia
2 – Roland Jourdain / Veolia Environnement à 45,2 milles
3 – Sébastien Josse / BT à 157 milles
4 – Jean Le Cam / VM Matériaux à 211 milles 
6 – Armel Le Cleac’h / Brit’Air à 404,9 milles
7 – Vincent Riou / PRB à 431,9 milles

 

 

  L'Indien ne fait pas de cadeau, J+39 - 18/12/08

       

La flotte plonge actuellement au Sud vers la deuxième porte australienne, au sud-ouest de la Tasmanie, dans un Océan Indien qui montre ses crocs et sort régulièrement ses griffes. Les dernières heures difficiles traversées par les concurrents ont laissé des traces en tête de course bouleversant quelque peu le classement général. Désormais sixième à 371 milles du leader Michel Desjoyeaux, Vincent Riou s’apprête à négocier une zone de transition délicate dans une mer croisée et sous des vents puissants

      

En 4 jours, quatre bateaux ont quitté la course. Dominique Wavre, Bernard Stamm, Mike Golding et Jean-Baptiste Dejeanty ont été contraints à abandonner ne laissant que 19 concurrents à un Vendée qui en comptait 30 au départ. A bord de PRB, Vincent n’est pas non plus totalement épargné. Mardi, il nous annonçait la casse de son étai d’ORC. Un problème qui devrait être résolu dès que les conditions le permettront grâce à l’étai de tourmentin qui viendra remplacer le câble cassé. Et hier, c’est un growler (partie d’iceberg dérivante et indétectable au radar) qui est venu perturber la course de PRB. Alors que le monocoque progressait sous un ris et trinquette dans 20 à 25 nœuds de vent et 4 mètres de creux, Vincent a entendu un choc avant que le bateau ne parte à l’abattée. Le skipper est alors sorti dans le cockpit et s’est aperçu que son safran tribord était relevé. Il a ensuite pris le temps de redescendre le safran avant de redresser PRB. Une inspection rapide lui a permis de voir que ce choc n’avait provoqué aucun dégât mis à part quelques griffures sur le safran.

 

Cette rencontre avec un growler dans une eau à 6° conforte encore plus Vincent dans l’idée de rester extrêmement vigilant, même si bien sûr, les chocs avec des morceaux de glace ou des mammifères relèvent plus du hasard que du principe de précaution. Ce qui est sûr, c’est que la course n’est pas finie. Car il y aura certainement d’autres zones de glace. Certains oseront, d’autres pas… » explique Vincent.

 

L’Océan Indien n’offre donc aucun répit aux skippers du Vendée Globe. Depuis plusieurs jours, les dépressions se succèdent avec, entre chacune, des zones de transition délicates à gérer. Si ces conditions demandent beaucoup d’énergie aux marins, Vincent, qui commence à ne plus souffrir de son pied, temporise en se souvenant de la météo plus virulente d’il y a quatre ans. « On a eu des dépressions plus fortes il y a quatre ans. L’autre différence, c’est que nous les avions rencontrées plus tôt. »

 

Le marin de Loctudy devrait aujourd’hui poursuivre son cap à l’Est sur une route plus nord que ces adversaires. Cela lui permettra de ne pas se rapprocher trop du centre de la dépression et d’avoir une mer un peu moins grosse. Cette stratégie est également pensée sur le long terme, notamment en vue des glaces que la flotte pourrait de nouveau rencontrer sous la Nouvelle Zélande.

   

Vincent, à la vacation du 17/12/2008

« Ca va bien. On est dans la phase de transition et le vent est en train de rentrer. Je pense qu’on va attendre l’opportunité pour recoller aux hommes de tête, il ne faut pas essayer de recoller à tout prix. Ce serait une grosse erreur de mettre du charbon maintenant. Il faut surtout essayer de ne pas trop se faire distancer. On sait que le Sud de la Nouvelle Zélande peut réserver pas mal de surprises en terme de météo. Jouer de l’accélérateur, ce serait prendre le problème à l’envers, je ne veux pas accélérer dans les conditions qui ne me plaisent pas. 300 milles d’écart, ce n’est pas terrible mais ce n’est pas non plus une situation irréversible. Mon pied commence à aller mieux. Cela fait plaisir de retrouver son potentiel et d’être de moins en moins handicapé. »

 

Extrait du classement de 11h00 :
1 – Michel Desjoyeaux / Foncia
2 –Roland Jourdain / Veolia Environnement à 37,7 milles
3 – Jean Le Cam / VM Matériaux à 98,6 milles
4 – Sébastien Josse / BT à 111,8 milles
5 – Armel Le Cleac’h / Brit’Air à 337,3 milles
6 – Vincent Riou / PRB à 371,1 milles

 

 

 

 

   Pas de répit dans l'Indien, J+38 - 17/12/08

 

A retenir :
- Le groupe de tête a creusé son avance
- PRB est 6ème à 352,7 milles du tableau arrière de Foncia
- Vincent et les poursuivants doivent affronter une nouvelle dépression aujourd’hui et demain


    

L’Océan Indien n’offre aucun répit aux skippers du Vendée Globe. Depuis plusieurs jours, les dépressions se succèdent avec, entre chacune des zones de transition délicates à gérer. Avant de forcir franchement, le vent joue la variation contraignant les marins à être constamment sur le qui-vive. C’était le cas ce matin à bord de PRB. « Nous sommes dans la phase de transition et le vent est en train de rentrer. Il passe de 15 à 30 nœuds régulièrement, on est stand by en ciré et on observe comment cela va évoluer. Il faut savoir à quel moment on se met en mode gros temps. Là, il y a 25 nœuds et le bateau est à 20 nœuds. Il y a trois minutes, j’avais 12 nœuds de vent » racontait Vincent à la vacation. Si ces conditions demandent beaucoup d’énergie aux marins, Vincent temporise en se souvenant de la météo plus virulente d’il y a quatre ans. « On a eu des dépressions plus fortes il y a quatre ans. L’autre différence, c’est que nous les avions rencontrées plus tôt. Au même endroit en 2004, on en était presque sorti. Et après, nous n’avions plus rencontré de grosse dépression jusqu’au Cap Horn » se souvient Vincent.
Pour autant, le skipper de PRB, situé à 352 milles du leader Foncia, ne relativise pas la nouvelle dépression attendue dans l’après-midi pour le groupe de poursuivants. Avec ses rafales à 45 nœuds dans le front (prévu pour demain pour PRB), elle risque de solliciter une nouvelle fois les bateaux. Le marin de Loctudy devrait aujourd’hui poursuivre son cap à l’Est sur une route plus nord que ces adversaires. Cela lui permettra de ne pas se rapprocher trop du centre de la dépression et d’avoir une mer un peu moins grosse. Cette stratégie est également pensée sur le long terme, notamment en vue des glaces que la flotte pourrait de nouveau rencontrer sous la Nouvelle Zélande. Hier, le choc avec le growler a rappelé à Vincent mais aussi aux autres concurrents que la glace était bien l’ennemi difficilement maitrisable de ce tour du monde. C’était bien visible et étonnant. C’est la première fois que je voyais un morceau de glace aussi proche du bateau ». Et ce qui est certain, c’est que Vincent ne souhaite pas en revoir de sitôt.      

       


Vincent à la vacation aujourd’hui :

« Ca va bien. On est dans la phase de transition et le vent est en train de rentrer. Il passe de 15 à 30 nœuds régulièrement, on est stand by en ciré et on observe comment cela va évoluer. Il faut savoir à quel moment on se met en mode gros temps. Là, il y a 25 nœuds et le bateau est à 20 nœuds. Il y a trois minutes, j’avais 12 nœuds de vent. Concernant le growler, au lever du jour hier, j'ai entendu un choc sur la coque puis le bruit caractéristique du safran qui se relève. Le bateau est parti tranquillement à l'abattée, j’ai profité qu’il soit couché pour remettre le safran. Et là, j'ai aperçu un growler d'une bonne dizaine de mètres de long. Il flottait à 20 mètres du bateau. Il y avait peu de lumière. C'était bien visible et étonnant car c’es! t la première fois que je vois un morceau de glace si proche du bateau. J’ai un petit peu endommagé un bout de ma dérive tribord et le safran est griffé mais pas cassé. Donc ce n’est pas grand-chose et a priori, le reste est intact. Je pense qu'on va attendre l'opportunité pour recoller, il ne faut pas essayer de recoller à tout prix. Ce serait une grosse erreur de mettre du charbon maintenant. Il faut surtout essayer de ne pas trop se faire distancer. On sait que le Sud de la Nouvelle Zélande peut réserver pas mal de surprises en terme de météo. Jouer de l'accélérateur, ce serait prendre le problème à l'envers, je ne veux pas accélérer dans les conditions qui ne me plaisent pas. 300 milles d’écart, ce n'est pas terrible mais ce n'est pas non plus une situation irréversible. Mon pied commence à aller mieux. Cela fait plaisir de retrouver son potentiel et d'être de moins en moins handicapé. » 

         
Extrait du classement de 16h00 :
1 – Michel Desjoyeaux / Foncia
2 –Roland Jourdain / Veolia Environnement à 36,5 milles
3 – Jean Le Cam / VM Matériaux à 99,3 milles
4 – Sébastien Josse / BT à 104,4 milles
5 – Armel Le Cleac’h / Brit’Air à 314,5 milles
6 – Vincent Riou / PRB à 352,7 milles
  

  

   

    PRB heurte un growler , J+37 - 16/12/08


A retenir :
- PRB a heurté un growler la nuit dernière (hier soir pour nous)
- Le choc n’a occasionné aucun dégât pour le monocoque vendéen
- Deux nouveaux abandons aujourd’hui : Golding pour démâtage et Dejeanty pour problèmes de pilote et de drisse de Grand Voile


A voir ce qui se passe en ce moment sur la flotte du Vendée Globe, on comprend mieux pourquoi tous les marins redoutent tant l’Océan Indien. En 4 jours, quatre bateaux ont quitté la course. Dominique Wavre d’abord puis Bernard Stamm et aujourd’hui, Mike Golding suite à un démâtage et Jean-Baptiste Dejeanty pour des problèmes récurrents de pilote automatique et de drisse de Grand Voile. Il y a donc les bateaux contraints de mettre le clignotant vers la terre la plus proche et puis il y a aussi les « éclopés » à l’image de Jean-Pierre Dick. L’ancien leader doit en effet mettre le cap au Nord à la recherche d’une zone plus maniable pour tenter de remettre un safran abîmé hier lors d’une collision avec un OFNI. Une opération délicate qui s’apparente à de la chirurgie selon le skipper ! de Paprec Virbac.
A bord de PRB, Vincent n’est pas non plus totalement épargné. Hier, il nous annonçait la casse de son étai d’ORC. Un problème qui devrait être résolu dès que les conditions le permettront grâce à l’étai de tourmentin qui viendra remplacer le câble cassé. Et cette nuit (hier soir en heure française), c’est un growler, ces parties d’iceberg dérivantes et indétectables au radar, qui est venu perturber la course de PRB. Alors que le monocoque progressait sous un ris et trinquette dans 20 à 25 nœuds de vent et 4 mètres de creux, Vincent a entendu un choc avant que le bateau ne parte à l’abattée. Le skipper est alors sorti dans le cockpit et s’est aperçu que son safran tribord était relevé. C’est en voulant le remettre qu’il a vu à 20 mètres du bateau un petit iceberg d’une dizaine de mètres et dépassant de l’eau d’environ un mètre. Vincent en a déduit que c’était un growler, échappé de cette plateforme de glace qui avait provoqué le choc. Il a ensuite pris le temps de redescendre le safran avant de redresser PRB. Une inspection rapide lui a permis de voir que ce choc n’avait provoqué aucun dégât mis à part quelques griffures sur le safran. « Ca a tapé en haut du safran et juste un peu sur la dérive. Heureusement, celle-ci était relevée sinon, je suis sûr que ça aurait occasionné plus de dégâts ! » raconte Vincent. Lors de l’incident, la lumière était entre chien et loup puisque le jour se levait et Vincent estime qu’il lui a fallu environ 45 minutes pour rouler les voiles, remettre le safran, dérouler et repartir.
Cette rencontre avec un growler dans une eau à 6° conforte encore plus Vincent dans l’idée de rester extrêmement vigilant, même si bien sûr, les chocs avec des morceaux de glace ou des mammifères relèvent plus du hasard que du principe de précaution. A bord de PRB, Vincent s’en sort avec seulement une jolie frayeur puisque cela n’a pas eu véritablement d’incidence sur le classement. Il occupe toujours la 7ème place à 294,9 milles du nouveau leader, Michel Desjoyeaux. La nuit devrait se dérouler toujours tribord amure pour PRB dans un vent mollissant. « J’ai 30 nœuds de vent. Je cale pour l’instant ma vitesse aux alentours de 15 nœuds car je trouve que la mer n’est pas belle par ici. Ca va mollir dans les heures qui viennent donc on pourra accélérer un peu. Ce qui est sûr, c’est que la course n’est pas! finie. Car il y aura certainement d’autres zones de glace. Certains oseront, d’autres pas… » explique Vincent en début d’après midi. Le skipper de PRB fera sans nul doute partie de ceux qui n’oseront pas. C’est déjà le choix qu’il avait fait, on se souvient, il y a quatre ans. Et c’était le bon.     

    

Vincent par téléphone aujourd’hui : 

«J’ai tapé un growler hier soir. Ca a heurté le safran et entrainé le départ à l’abattée du bateau. A priori, il n’y a pas de casse. J’ai laissé le bateau couché sur l’eau pour pouvoir remettre plus facilement le safran. L’eau était à 6° donc cela n’est pas bon signe pour la suite ! Tout peut arriver. Tout peut s’arrêter d’un instant à l’autre. Pour la suite, c’est vraiment la mer qui va décider de la vitesse à adopter. Ca va mollir dans les heures qui viennent et on pourra de nouveau accélérer. Mais pour l’instant, je maintiens une vitesse moyenne aux alentours de 15 nœuds car je trouve que la mer n’est pas très belle. » 
   

   
Extrait du classement de 16h00 :
1 – Michel Desjoyeaux / Foncia
2 –Roland Jourdain / Veolia Environnement à 14 milles
3 – Sébastien Josse / BT à 43,3 milles
4 – Jean Le Cam / VM Matériaux à 61,9 milles
5 - Jean Pierre Dick / Paprec Virbac à 92,4 milles
6 – Armel Le Cleac’h / Brit’Air à 278,4 milles
7 – Vincent Riou / PRB à 294,9 milles

   

   Etai d'ORC cassé sur PRB, J+36 - 15/12/08


A retenir :
- Etai d’ORC cassé sur PRB
- Bernard Stamm déséchoué aux Kerguelen
- Vincent Riou perd une place au classement mais gagne 50 milles sur le leader en 24 heures
    
Les premiers ont passé la porte Australie Ouest. PRB, actuellement 8ème à 282,4 milles de Jean-Pierre Dick, devrait la franchir dans la nuit (pour nous, ndlr). Le monocoque vendéen a perdu un peu de terrain ces dernières 24 heures en raison d’une avarie survenue la nuit dernière. L’étai d’ORC (voile d’avant de brise) s’est rompu. Vincent avait remarqué depuis quelques jours que ce câble donnait des signes de faiblesses et avait donc anticipé en ajoutant un autre câble le long du guindant. Lors de la casse, le « faux étai » s’est tendu et Vincent a pu enrouler son ORC dessus. La voile n’est donc pas abîmée et la rupture de l’étai d’ORC n’a entrainé aucune complication pour PRB. Vincent ne voit aucune opportunité immédiate pour remplacer ce câble cassé! mais il pourra, dès que les conditions de vent et de mer le lui permettront, échanger l’étai d’ORC avec celui de tourmentin. « Il n’y a pas de solution miracle. Pour réparer, il faut que je m’arrête mais en ce moment avec le vent qu’il y a, je prends le risque de batailler pendant cinq heures pour aucun résultat au final. Manipuler une voile dans trente nœuds de vent, ce n’est jamais simple même si elle ne fait que 60 m² ! » raconte le skipper de PRB.
Cette avarie a contraint Vincent à naviguer sous Grand Voile seule durant environ 8 heures cette nuit et lui a donc fait perdre du terrain. Armel Le Cleac’h en a profité pour passer devant PRB. Mais Vincent a toutefois réduit son retard sur le leader avec 50 milles repris sur Paprec Virbac en 24 heures.  
Les ennuis de PRB sont évidemment à relativiser en regard des problèmes rencontrés par Bernard Stamm. Le Suisse s’est en effet échoué en arrivant hier soir aux Kerguelen pour réparer son avarie de safran. Avec des rafales à 50 nœuds, le skipper de Cheminées Poujoulat n’a pu prendre le mouillage prévu et son bateau a été drossé à la côte. Le 60’ IMOCA a pu être déséchoué ce matin. Il présente une voie d’eau importante mais se trouve désormais « à l’abri » au mouillage. Vincent a appris cette nouvelle rassurante alors qu’il attendait son tour à la vacation ce matin. Avant de répondre aux questions qui lui étaient posées sur les dernières 24 heures de course, il s’est dit vraiment content de savoir que le bateau de son ami suisse ;ils ont effectué ensemble une Transat Jacques Vabre en 2001- flottait de nouveau.
Les abandons et les avaries font parties intégrantes de l’histoire du Vendée Globe mais la succession de problèmes en quelques jours (abandons de Loick Peyron puis Dominique Wavre puis Bernard Stamm) a bien refroidi les esprits.
Vincent s’attendait aujourd’hui à un peu de répit après les 43 - 44 nœuds atteints la nuit dernière. La suite se fera dans un flux d’ouest plus soutenu avant de rencontrer, peut être, un « garde barrière », entendez un ralentissement météo, posté sous l’Australie. Les poursuivants pourraient alors saisir leur chance de recoller un peu à la tête de flotte à condition que l’anticyclone décrit actuellement par les modèles européens ne soit pas qu’un mirage.
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Vincent à la vacation aujourd’hui :
« Tout d’abord, je suis content de savoir que le bateau de Bernard (Stamm, ndlr) flotte. Ca va tranquillement, en ce moment on est à l'approche du front, d'une dépression un peu virulente. Il y a eu un peu d'action cette nuit car le bateau a subi une avarie. J'ai cassé mon étai d’ORC et j’ai navigué pas mal de temps sous Grand Voile seule. Là, je suis reparti sous trinquette et GV, ça va vite. Cette nuit, j’ai eu jusqu’à 43 - 44 nœuds de vent réel. Là, j’ai 35 nœuds, je pense que je ne suis pas très loin de la bascule de vent à l'ouest. Depuis que je suis toilé normalement, je navigue entre 17 et 22 nœuds. L'étai sera réparable, mais pas immédiatement. Il y a moyen de trouver des solutions car à cet emplacement, j'ai un autre étai. Actuellement, ce n’est pas fai! sable mais, cela ne devrait pas m’handicaper trop longtemps. C'est un peu de manipulations à faire mais je m'en suis rendu compte immédiatement donc je n’ai pas abimé la voile, elle est intacte. J'avais déjà un peu repéré que l'étai était fatigué. Donc j'avais assuré entre le hook et le pont avec un étai de remplacement. Donc quand cela a cassé, la charge est passée sur le faux étai et s'est enroulée dessus. Je ne pensais pas changer de câble tout de suite car l'autre câble, c'est celui du tourmentin. Or, le tourmentin, cela peut toujours servir.
Au sujet du rythme : il y a quelques jours, j'ai décidé de lever le pied et j’ai fait le choix de ne pas aller voir les glaçons sur une route trop Sud. Avec le cumul des deux, Jean-Pierre a réussi à faire momentanément le break mais la route est longue. J'espère que dans les jours à venir, on aura des conditions pour aller vite. Le Pacifique en général, c'est des dépressions plus grosses qui circulent plus lentement donc le phénomène de mer croisée de l'océan Indien est moins marqué. La grosse houle permet de faire de grandes glissades, tous les marins attendent ça. Si on a vraiment ces conditions, il n'y aura alors aucune raison de naviguer avec retenu. Là, on est à 27 nœuds donc ça fait du bruit !
(En réponse à une jeune élève présente au PC presse au sujet du sommeil) Un jour normal, je dors plutôt 4 - 5 heures. C'est la pression de la course qui fait tenir. Le stress de tout ce qui se passe autour de moi. Souvent, on a plus d'efforts à faire pour s'endormir, décrocher du bateau. Il faut qu'on évite aussi d'être trop fatigué car on peut perdre en lucidité. J'ai vu beaucoup d'oiseaux dans le Sud et des dauphins avant mais je n’ai pas vu de cachalots ou de baleines. Par contre, j'ai vu un rapace dans l'Océan Atlantique ! » 

Extrait du classement de 16h00 :
1 – Jean Pierre Dick / Paprec Virbac
2 – Mike Golding / Ecover à 51,5 milles
3 – Roland Jourdain / Veolia Environnement à 78,3 milles
4 – Michel Desjoyeaux / Foncia à 81,9 milles
5 – Sébastien Josse / BT à 103,9 milles
6 – Jean Le Cam / VM Matériaux à 142,9 milles
7 – Armel Le Cleac’h / Brit’Air à 270,4 milles
8 – Vincent Riou / PRB à 282,4 milles

 

 

   

       

   Un dimanche au soleil, J+35 - 14/12/08

  

A retenir dans ce communiqué :
- Les concurrents du Vendée Globe ont connu un dimanche ensoleillé
- Beaucoup disent en avoir profité pour bricoler
- Jean-Pierre Dick, qui a poursuivi son rythme endiablé, possède 72 milles d’avance sur Mike Golding
- Vincent Riou est 7ème à 326 milles du leader

 
Sous nos latitudes tempérées, le soleil hivernal est rare. On dit que lorsqu’il perce il a des conséquences psychologiques et physiologiques sur les populations et même sur le moral des ménages ! Dans les 50ème Hurlants, en plein été austral pourtant, au « pays de l’ombre », il est encore bien plus rare. C’est dire s’il a été, lors de la vacation avec le PC Course, la grande vedette de ce dimanche. Tous ont chanté les louanges de ce jour quasi printanier – d’autant que le soleil était accompagné de vent faible et d’une mer calmée – un répit bienvenu avant la nouvelle tempête qui s’annonce pour demain. Pourtant, manifestement l’ambiance n’était ni à la grasse matinée, ni à la sieste dominicale à bord des IMOCA 60’. D’abord il a fallu manœu! vrer pour renvoyer de la toile adaptée aux petits airs – la plupart ont hissé le spi quand Vincent, toujours handicapé dans les manœuvres par son pied, a du se contenter du reacher faute d’appui suffisant – mais surtout la journée a été consacrée aux bricolages. Le mot revient souvent dans les vacations, la plupart des skippers se gardant de la faire précéder par : « petits ». Mais la chaleur temporaire, de celle qui permet des opérations de « collage », a manifestement autorisé des réparations plus importantes. Yann Eliès a ainsi annoncé avoir collé et boulonné ses cales pieds de pont – des morceaux longs de 6 mètres – qui « se faisaient la malle ». Et Michel Desjoyeaux a eu juste le temps d’expliquer que lui aussi avait du réaliser une sérieuse réparation ce! matin avant que son téléphone satellitaire ne s’interrompe. On n’en saura certainement plus la prochaine fois. Et Jean-Pierre Dick, solide leader avec 72 milles d’avance sur un trio emmené par Mike Golding ? Il admet avoir pas mal « bourriné » toute la nuit (un néologisme qui pourrait se retrouver dans le Petit Robert après ce Vendée Globe),  masque de plongée sur le visage afin de supporter les paquets d’eau. Et s’il dit rester dans les « limites acceptables du bateau », il admet aussitôt  « qu’il y a des risques » et que si « pour l’instant cela n’a pas pété, peut-être que cela pétera un jour ». Telle est effectivement l’interrogation de tous après une semaine qui a vu trois abandons se succéder : Loïck Peyron, Dominique Wavre et Bernard Stamm (ce sera le! cas pour les deux Suisses dès lors qu’ils toucheront terr! e à Kerguélen où ils se rendent pour une réparation de fortune, de la quille pour le premier, du safran pour le second). Quel rythme adopter pour remporter ce Vendée globe sachant que pour vaincre il faut d’abord finir ? Or comme le souligne Sébastien Josse, l’un de ceux à avoir levé le pied ces derniers jours, « la route est longue, très longue encore ». Ce que sait pertinemment Vincent Riou même s’il admet parfois douter du niveau raisonnable où placer le curseur. Un curseur que tous devraient sans doute descendre d’un cran dans les deux jours à venir afin de franchir sans encombre ce qui s’annonce comme la plus forte dépression depuis le début de la course. La semaine qui s’ouvre promet sans doute bien d’autres rebondissements.
 
Interview Vincent Riou avec son équipe à terre à 13 heures :
« C’est un peu mou mais on le savait. Les abandons de ces derniers jours et les bricolages que les uns et les autres décrivent en vacation montrent que rien n’est fait. Mon pied m’handicape toujours. J’ai du aller manœuvrer à l’avant pour renvoyer de la toile et j’ai trop pris appui dessus, il faut que je fasse attention si je ne veux pas que mon état s’aggrave de nouveau. Je boite toujours et question appui ce n’est pas terrible. Conséquence : quand les autres ont pu envoyer leur spi moi je me suis contenté du reacher. A la fin de la journée j’aurais perdu 10 à 15 milles, cela n’aide pas mais cela ne se joue pas non plus là-dessus. Le soleil était agréable aujourd’hui, il faisait 10° à midi. J’en ai profit&eacu! te; pour prendre une douche. J’ai une visibilité de 8 milles. Il n’y a pas beaucoup d’albatros c’est vrai. Par contre il y a des pêcheurs. On ne les a pas vus mais le commandant de la flottille française qui vient de la Réunion nous envoie des mails tous les jours pour indiquer leur position. C’est sympa et c’est une activité qui m’intéresse.
On attend la nouvelle dépression pour demain, il y aura 45 nœuds de vent établis. Il va falloir bien la gérer. Ce qui m’inquiète le plus reste les glaces. Car même s’ils ne les ont pas vu, ceux qui ont été le plus au sud ont du en côtoyer pas mal vu que plus au nord Michel en a vu et hier Sam Davis. C’est incroyable la différence avec les premiers Vendée Globe. On voit des icebergs 10° plus au nord qu’alors ! Même au sud de l’Australie, là où l’organisation a mis une porte à la demande des australiens et non en raison des glaces, et bien des icebergs sont signalés par 51°30 et ce ne sont pas ceux qui déboulent depuis les Mers de Weddel ou Ross. A mon avis dans le Pacifique cela ne va pas être triste. Nous sommes vraiment les observateurs directs du réchauffement de la planète ! Question course, je p! ense toujours que cela va se resserrer un peu mais ce sera plutôt à la 2ème porte australienne. Mais c’est sûr que Jean-Pierre a de l’avance ».
      
Classement 11 heures
1 . Jean-Pierre Dick Paprec-Virbac 2 à 14430.7 milles de l'arrivée
2 . Mike Golding Ecover à 72,2 milles  
3.Roland Jourdain Veolia Environnement à 104,7 milles 
4 . Michel Desjoyeaux Foncia à 108.6  
5 . Sébastien Josse BT à 177.0  
6 . Jean Le Cam VM Matériaux à 195.7  
7 . Vincent Riou PRB à 326.0 
etc...

 

 

   

   A Kerguelen, J+33 - 12/12/08

  

18,9 nœuds. La moyenne de Jean-Pierre Dick entre les deux derniers classements prouve une chose : les icebergs aperçus par Michel Desjoyeaux et Johnny Malbon ainsi que le démâtage de Loïck Peyron n’ont pas eu la moindre influence sur le comportement du groupe de tête.

 

Toujours la poignée dans le coin, les leaders ont réussi à prendre cette nuit un certain avantage sur le groupe des poursuivants donc Vincent Riou, toujours septième fait partie. Au dernier classement le monocoque PRB pointait à 183 milles de Paprec Virbac contre seulement 127 hier à la même heure, soit une perte de près de 60 milles sur les premiers. Le monocoque vendéen a passé l’archipel des Kerguelen qui n’est pas qu’une simple formalité comme l’a montré le fort ralentissement de Michel Desjoyeaux. Empêtré dans une perturbation, le vainqueur de l’édition 2000 – 2001 s’est fait doubler par Mike Golding et Roland Jourdain. C’est la première fois que Foncia perd des places depuis le début de ce tour du monde.

Vincent joint par téléphone :
« En ce moment, j’ai une trentaine de nœuds. J’ai changé de pilote automatique et ça fonctionne bien. Je vais être sur le même bord pendant quatre jours et ça devrait mollir dans la journée. »
    
Classement de 16h00 :
1. Paprec Virbac (Jean-Pierre Dick) à 15164
2. Ecover (Mike Golding) à 46 milles
3. Veolia Environnement (Roland Jourdain) à 51 milles
...
7. PRB (Vincent Riou) à 186 milles

 

 

 Rage et détermination, J+32 - 11/12/08

 

 Après un mois de course, Vincent Riou en a fini de l’Atlantique. Place à l’Océan Indien, son froid et son instabilité. 7ème à 131,1 milles du leader, le skipper doit passer au-delà des douleurs physiques qui le suivent depuis quelques jours pour récupérer les milles concédés. A l’approche des îles Kerguelen, Vincent souffre toujours de son pied et doit parfois renoncer à effectuer certaines manœuvres. « Rageant » est le mot que le skipper de PRB emploie pour parler de ses difficultés actuelles. Mais la rage entraîne la détermination…

 

Rageant pour Vincent de ne pas être à 100% de son potentiel. La marin du bâtiment, blessé au pied, avoue qu’il ne peut effectuer certaines manœuvres autrement qu’à genoux. Il y a deux jours, durant le passage d’une dorsale, il a même renoncé à porter davantage de toile de portant pour éviter que le bateau ne ralentisse trop, concédant ainsi plusieurs milles aux leaders.

 
Devant, les trois premiers sont impressionnants de facilité dans leurs traversées des transitions. Au passage de la dorsale, Josse, Jourdain et Dick , respectivement  toisième, deuxième et premier, ont été nettement moins ralentis que Vincent et les autres poursuivants. Alors que PRB devait baisser le régime jusqu’à atteindre les 8 – 9 nœuds, le groupe de tête ne devait pas descendre sous les 12 nœuds.
 
A présent les conditions sont plus clémentes. Fini le « passage en force » de ces derniers jours, au moins pour quelques heures… A 17-18 nœuds dans les surfs, l’occasion est parfaite pour aligner les milles avant de gérer prochainement une nouvelle transition. Côté stratégie, la question est de savoir jusqu’où plonger dans le Sud : nouveau casse tête pour Vincent et le peloton de tête.
 
D’autant que les prochaines décisions peuvent s’avérer déterminantes pour la suite de la compétition. Ils sont encore une petite quinzaine à pouvoir légitimement prétendre encore à la victoire finale dans un peloton qui s’est encore resserré après la passage de la dorsale anticyclonique. C’est Seb Josse (BT) qui mène la danse alors que Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) était en tête depuis le début de semaine. Tous ont maintenant le passage de l'archipel des Kerguelen en ligne de mire, dernier obstacle tangible avant le Horn. Pour éviter de rencontrer une mer cassante, Vincent Riou et ses partenaires doivent accepter de passer à plus de 150 milles au nord ou 60 milles au sud de l’île. Les temps de passage seront un bon moyen de faire un premier bilan au niveau du général même s’il restera ensuite 2 mois (à Vincent) pour bousculer encore le classement !

       

Vincent, à la vacation du 09/12/2008 :

« Les conditions sont clémentes aujourd’hui. Je ne suis toujours pas en grande forme donc ce n’est  pas réjouissant. C’est rageant de se sentir diminué. Je ne fais pas du cloche-pied mais je souffre quand j’appuie le pied. Quand le bateau est instable, je me déplace plutôt à genoux que debout. L’exercice tout simple de tourner les manivelles, j’y arrive beaucoup mieux à genoux que debout donc ce ne sont pas des conditions géniales pour être efficace. Mais c’est une chance que cela m’arrive ici, dans un endroit où on peut naviguer sous petite toile et où il n’y a pas trop de manœuvres. Si cela était arrivé dans la descente de l’Atlantique, ça aurait été plus difficile à gérer. » « Les conditions sont clémentes aujourd’hui. Je ne suis toujours pas en grande forme donc ce n’est  pas réjouissant. C’est rageant de se sentir diminué. Je ne fais pas du cloche-pied mais je souffre quand j’appuie le pied. Quand le bateau est instable, je me déplace plutôt à genoux que debout. L’exercice tout simple de tourner les manivelles, j’y arrive beaucoup mieux à genoux que debout donc ce ne sont pas des conditions géniales pour être efficace. Mais c’est une chance que cela m’arrive ici, dans un endroit où on peut naviguer sous petite toile et où il n’y a pas trop de manœuvres. Si cela était arrivé dans la descente de l’Atlantique, ça aurait été plus difficile à gérer. » 

     

Extrait du classement de 5h00 :
1 – Jean Pierre Dick / Paprec Virbac
2 - Roland Jourdain / Veolia Environnement à 30,4 milles
3 – Sébastien Josse / BT à 34,6 milles
4 – Mike Golding / Ecover à 37,2 milles
5 – Michel Desjoyeaux / Foncia à 38,7 milles
6 – Jean Le Cam / VM Matériaux à 84,7milles
7 – Vincent Riou / PRB à 113,1 milles

 

 

 

 

 Des manoeuvres sur un pied ou à genoux, J+30 - 09/12/08

             
A retenir :
- Vincent Riou s’accroche malgré une douleur persistante au pied
- La tête de flotte favorisée par la météo
- Une nouvelle zone de transition attendue pour la fin de journée

         
        
« Rageant », c’est le mot que Vincent Riou a employé plusieurs fois à la vacation ce matin. Rageant de ne pas être à 100% de son potentiel. Car Vincent souffre toujours de son pied et a avoué qu’ils ne pouvaient effectuer certaines manœuvres autrement qu’à genoux ! Durant le passage de la dorsale cette nuit, PRB a donc été pénalisé. Le skipper du monocoque vendéen a en effet du renoncer à porter davantage de toile de portant (petit spi ou gennaker) pour éviter que le bateau ne ralentisse trop. Ce n’est pas tant l’envoi qui est difficile pour Vincent mais plutôt l’affalage qui devra suivre dans 25 à 30 nœuds de vent. Handicapé par son pied, Vincent évite en effet au maximum les manœuvres sur la plage avant par mesure de sécurité. On imagine donc la frustration du marin de Loctudy qui a du concéder quelques milles supplémentaires sur la tête de flotte.
Devant, Jean-Pierre Dick tient bien sa place de leader et affiche une stratégie très claire basée sur le choix d’une route sud. Roland Jourdain, troisième, a également choisi de raccourcir la route par le Sud. Seul Sébastien Josse, lui aussi dans le trio de tête, se trouve un peu plus décalé au nord. Au-delà de ces différentes positions sur le plan d’eau, ce qui rassemble ces trois leaders, c’est la facilité avec laquelle ils traversent les transitions. Ainsi, ils ont été nettement moins ralentis que Vincent et les poursuivants au passage de la dorsale. Alors que PRB a du baisser le régime jusqu’à atteindre les 8 – 9 nœuds, le groupe de tête ne devait pas descendre sous les 12 nœuds. Cette fois, c’est juste une histoire de chance selon Vincent. Le gradient de pression a évolué en quelques heures; la tête de flotte a du négocier la dorsale environ 12 heures après PRB- et s’est resserré avant d’atteindre la tête de flotte. Résultat, ces trois là ont bénéficié de davantage de pression et ont donc été moins ralenti.
Une situation agaçante pour Vincent et les poursuivants qui continuent de s’accrocher. Malgré son problème physique et son décalage actuel sur la tête de flotte, le skipper de PRB appréciait ce matin les conditions de navigation. Poussé par un vent de nord ouest de 15 nœuds, PRB glissait avec légèreté. Les « Boum, Bam, Boum » permanents décrits hier par Vincent s’étaient éteints pour laisser place à de belles glissades en douceur. Le « passage en force » de ces derniers jours semblait terminer au moins pour quelques heures. PRB filait bâbord amure à 17 – 18 nœuds dans les surfs. L’occasion parfaite pour aligner les milles avant de gérer de nouveau ce soir une transition. L’élastique devrait donc se resserrer légèrement à la faveur des poursuivants dans la journée. Côté stratégie, la question va être de savoir jusqu’où plonger dans le Sud. Les routages privilégient en effet pour les jours à venir une route qui fait passer les monocoques par 52° Sud. Un nouveau casse tête pour le skipper de PRB qui, on le sait, est partisan de la plus grande prudence avec les glaces. 
        
Vincent à la vacation aujourd’hui :
«  Les conditions sont clémentes aujourd’hui. Je ne suis toujours pas en grande forme don ce n’est  pas réjouissant. Nous avons du Nord Ouest pour 15 à 20 nœuds. Cela nous permet de bien faire glisser les bateaux, c’est sympa car cela faisait longtemps qu'on passait en force. Plus tard dans la journée, on va repartir tribord amure vers le sud dans du vent ouest-sud ouest. J'avance entre 14 et 16 nœuds. Le vent est en dessous de 20 nœuds la plupart du temps. Mon pied, c'est long à guérir, le problème c'est qu'on n'arrive pas trop à s'arrêter sur le bateau donc c'est un peu handicapant.
J'ai essayé de me motiver cette nuit pour mettre la grosse toile devant pour passer la dorsale et j’ai du abandonner. C’est vite dangereux d'aller faire le fou sur la plage avant avec une voile qui pèse entre 70 et 80 kg. C'est rageant de se sentir diminué. Ce n'est pas évident. Concernant le rythme à suivre, on aura la réponse dans deux mois. Aujourd'hui, nous sommes quelques uns à avoir levé le pied, c'est un choix personnel. Le plus rageant, c'est de ne pas être à 100% du potentiel du bateau dans des phases de transition et des conditions qui sont clémentes. Dans 25 - 35 nœuds, quand la mer est mauvaise et qu'on choisit de lever le pied, c'est autre chose. Chacun fait son choix de préserver plus ou moins le matériel. Je n’ai aucun souci pour assumer ces choix-là. Par contre, c'est plus difficile d’assumer de ne pas être à 100% dans de! s périodes assez faciles à naviguer, où les milles sont assez faciles à prendre.
Je ne fais pas du cloche-pied mais je souffre quand j'appuie le pied. Quand le bateau est instable, je me déplace plutôt à genoux que debout. L'exercice tout simple de tourner les manivelles, j'y arrive beaucoup mieux à genoux que debout donc ce ne sont pas les conditions géniales pour être efficace. Mais c'est une chance que cela m'arrive ici, dans un endroit où on peut naviguer sous petite toile et où il n’y a pas trop de manœuvres. Si cela était arrivé dans la descente de l'Atlantique, ça aurait été plus difficile à gérer.» 
        
Extrait du classement de 16h00 :
1 – Jean Pierre Dick / Paprec Virbac
2 - Roland Jourdain / Veolia Environnement à 30,7 milles
3 – Sébastien Josse / BT à 31,3 milles
4 – Loïck Peyron / Gitana Eighty à 50,4 milles
5 - Mike Golding / Ecover à 75,9 milles
6 – Michel Desjoyeaux / Foncia à 88,1 milles
6 – Jean Le Cam / VM Matériaux à 134 milles
7 – Vincent Riou / PRB à 134 milles

 

 

 

 

 Rythmes et risque, J+29 - 08/12/08

 

A retenir dans ce communiqué :
- L’Océan Indien ne faillit pas à sa réputation et malmène les bateaux
- Vincent explique le quotidien dans la mer chaotique
- Il redit également pourquoi il ne souhaite pas se caler sur le rythme des leaders



Qui aura raison au final ? Après 29 jours de course, cette même question revient sur toutes les lèvres, sur celles des observateurs du Vendée Globe comme sur celles des skippers en course. Devant, les premiers impriment un rythme très soutenu avec des vitesses moyennes avoisinant les 17 – 18 nœuds. Leader depuis hier, Jean-Pierre Dick affichait 16,5 nœuds de vitesse moyenne entre deux classements ce matin. Roland Jourdain, revenu en deuxième position, a quant à lui mené son bateau à 17,5 nœuds de moyenne sur une heure (données du classement de 11h00).
Le groupe des poursuivants est composé pour partie de skippers dont les bateaux ont le même potentiel que ceux de tête mais qui ne souhaitent tout simplement pas mener leur monture à aussi vive allure dans la mer chaotique de l’Océan Indien. C’est le cas de Vincent Riou. A bord de PRB, la philosophie est la même depuis plusieurs jours et le skipper de Loctudy n’en déroge pas. Pas question de mener le monocoque vendéen à des moyennes où la prise de risques est élevée. Jean Le Cam comme Armel Le Cleac’h semblent eux aussi partisans de cette « pensée ». Une décision qui parait plus sage mais qui n’est pourtant pas facile à prendre tant la tentation est grande de mettre « la poignée dans le coin » comme les leaders. Car au classement, forcément, lever le pied a des conséquences directes. Ainsi Vincent, qu! i a été l’un des premiers à négocier la zone de molle,  a perdu encore quelques milles cette nuit sur la tête de flotte. Il progresse désormais en 8ème position à 124,1 milles de Paprec Virbac. « Les vitesses moyennes des leaders ne sont pas déraisonnables car nos bateaux peuvent atteindre et se maintenir à ces allures sans problème. Par contre, ce qui me semble dangereux, c’est de les mener à cette allure dans les conditions de mer que nous avons actuellement » explique Vincent.
Actuellement, les monocoques ne cessent d’accélérer et de décélérer. Derrière un surf à 20 nœuds, il y a systématiquement une retombée violente qui fait vibrer le bateau et qui peut parfois projeter les hommes et le matériel. Vincent a ainsi vu voler hier soir des sacs contenant des vêtements…  PRB est parti en surf et le choc a été tellement violent à la retombée du bateau que les sacs, qui étaient matossés sur les bannettes ont traversé l’intérieur du bateau. L’un d’entre eux est même passé dans un des capots ouverts pour finir dans la soute à voiles ! L’anecdote nous laisse imaginer la violence des chocs répétés et les efforts générés sur le gréement et sur l’ensemble du bateau.
Mener les bateaux à un rythme effréné, c’est donc aussi accepter de mettre le matériel et le skipper dans le rouge à certains moments. Jean-Pierre Dick a ainsi raconté qu’il avait vécu hier la plus dure journée de sa vie. Le bout lui permettant de rouler son gennaker a cassé. Il lui a alors été impossible de rouler l’immense voile alors que le vent était prévu de monter à 35 nœuds et que le bateau atteignait 20 nœuds dans les surfs. Cinq heures de bataille ont été nécessaires pour arriver à bout de l’incident… C’est exactement ce genre de situation que Vincent ne souhaite pas avoir à gérer car il sait combien le matériel a de la mémoire. Le Vendée Globe est un marathon de près de 90 jours, l’endurance du bateau et du skipper seront déterminants. Il ! semble que la configuration nouvelle du Vendée Globe, soit une régate planétaire au contact, grise tellement les matins que certains en oublient qu’il faut avant tout durer. Peut être aussi que les nouveaux bateaux sont plus résistants et offrent plus de capacité pour être mener vite longtemps. Qui donc aura raison au final ?   
    

Vincent par téléphone aujourd’hui :
« Cette nuit, je n’ai pas été très vite car j’ai eu la molle en premier. Mais globalement, la nuit s’est bien passée. Depuis ce matin, je progresse dans 10 – 12 nœuds de vent donc je ne vais pas très vite. Je suis dans la dorsale. Ce qui est sûr c’est qu’il va y avoir de nouveau un coup d’élastique dans les heures à venir. Les bateaux de devant vont aller beaucoup plus vite pendant quelques heures et après, on espère que ce sera nous.» 
     

Extrait du classement de 11h00 :
 
1 – Jean Pierre Dick / Paprec Virbac
2 – Roland Jourdain / Veolia Environnement à 38,2 milles
3 – Sébastien Josse / BT à 54 milles
4 – Loïck Peyron / Gitana Eighty à 56,3 milles
5 – Mike Golding / Ecover à 74,6 milles
6 – Michel Desjoyeaux / Foncia à 89,2 milles
7 – Yann Eliès / Generali à 114,5 milles
8 – Vincent Riou / PRB à 124,1 milles

        

           

                          

  La régate au contact se poursuit dans l'Indien, J+28 - 07/12/08

 

A retenir dans ce communiqué :
- La tête de flotte a fait son entrée dans l’océan Indien
- Les partisans d’une route plus Sud ont pris l’avantage au classement du jour

      

    

Avec l’entrée hier dans l’Océan Indien, le Vendée Globe a pris encore une autre tournure. Le ciel est de plus en plus gris, la brume est désormais omniprésente et la houle croisée et formée. Ajoutez à cela une température de 8° (à l’intérieur du bateau !) et une eau à 5,5° et vous aurez la parfaite carte postale des conditions de vie qui vont animer le quotidien des solitaires dans l’Indien. Evidemment, le vent vient ajouter encore un peu plus d’hostilité à cette zone dont se méfie la plupart des marins. Vincent Riou racontait ce matin qu’il naviguait dans un vent moyen de 30 nœuds atteignant 34 dans les rafales et même 40 en début d’après midi ! Le skipper de PRB s’est agité toute la nuit pour être sûr de porter systématiquement la « bonn! e toile » et limiter la prise de risques. Comme la plupart de ses adversaires, Vincent a cherché, après avoir passé la deuxième Porte, celle des Kerguelen, à glisser dans le Sud. Il progresse désormais tout près de Foncia. Michel Desjoyeaux continue en effet sa cavalcade et fait maintenant partie lui aussi du groupe des poursuivants.
La flotte va rencontrer dès la fin d‘après-midi et une partie de la nuit un vent mollissant et refusant. Une fois cette dorsale passée, les solitaires empanneront pour repartir de nouveau plus fort dans un flux de Nord Ouest. Selon Vincent, il faut continuer aujourd’hui à plonger dans le Sud pour ne pas subir trop de ralentissement mais sans oublier de faire de l’Est. Une fois encore tout va être une question de « curseur ». D’autant que les risques de glaces ne sont pas loin. Tous les marins observent donc la température de l’eau, scrutent l’horizon à chaque sortie sur le pont et analysent les informations reçues de l’organisation. Dans les conditions de navigation actuelles, mieux vaut comme Vincent ne jamais se départir de sa sérénité. « La route optimum me fait passer à 70 milles d’un des derniers gros icebergs rep&ea! cute;rés par ici. Il sera par notre travers dans environ 5 heures (soit fin d’après-midi pour nous, ndlr). Après les Iles Crozet (archipel situé dans le Sud de l’Océan Indien), on sera tranquille jusqu’en Australie » analysait le skipper de PRB. Au classement de 11h, ce sont les marins positionnés hier plus Sud qui avaient l’avantage tel Jean Pierre Dick qui s’empare pour la première fois de la tête de ce Vendée Globe. Il était suivi par Sébastien Josse à 37 milles de son tableau arrière. Vincent progressait quant à lui à 15,4 nœuds de moyenne à la 8ème place du classement.  

Vincent à la vacation aujourd’hui :
Au sujet des conditions actuelles et de la météo à venir : 
« Il fait gris, il fait froid mais tout va bien. J’avance à 15 - 16 nœuds et nous avons entre 30 et 34 nœuds de vent avec des surfs à 20 nœuds. C'est l'ambiance Grand Sud. La mer n’est pas très bien rangée, elle est très courte donc c'est un peu chaud quand le bateau accélère dans les vagues. Mon pied va un peu mieux, j'apprends aussi à vivre avec. J'espère que dans deux-trois jours, ce ne sera plus qu'un mauvais souvenir. Les prochains jours, on va continuer à avancer avec la dépression pendant 24 heures puis on aura après une petite dorsale et on va accrocher de nouveau un flux de nord ouest pour avancer tranquillement vers les Kerguelen et la porte suivante en essayant de ne pas descendre trop Sud. Ici, c’est une succession de dépression et de dorsale mais c'est encore des petites dépressions. Là, il y ! a 35 nœuds maximum. »

Au sujet du retour de Michel Desjoyeaux :
« Je ne suis pas surpris pour Mich Desj. Ca a passé tout le temps par derrière et il a mis un coup de feu par dessus pour  accélérer le processus. Mais la question est de savoir à quelle vitesse il faut pousser le bateau pour finir la course. Il a été opportuniste et il a su saisir sa chance comme d'habitude. »

Au sujet des glaces :
« Les growlers, c'est difficile de les voir même à l'œil nu car le bateau va vite. Par contre, on ne peut s’empêcher de scruter l'horizon quand on sort et puis on surveille les glaces avec le radar. Les vents ont soufflé dans le bon sens depuis 2 ou 3 jours donc ca va nous faire passer assez loin des glaces. On croise les doigts pour ne pas en voir. »


Vincent en discussion avec les médaillés olympiques de Pékin Guillaume Florent (bronze en Finn) et Julien Bontemps (argent en Planche à voile) présents à la vacation aujourd’hui :
« Là, dans le Sud, c'est gris et il y a beaucoup de brouillard donc on ne se voit pas. Aujourd'hui, si j’ai deux milles de visibilité, c'est un maximum et il en faudrait au moins 10 pour que je puisse voir un concurrent. C'est dommage de ne pas se voir puisque nous sommes très proches.
On a tous une petite marge de sécurité mais tout le problème est de savoir où on met cette marque car le matériel doit durer dans le temps. C'est l'une des grandes problématiques du Vendée Globe. A chaque fois qu'on lance nos machines à pleine vitesse, on crée des efforts assez terribles et avec le temps, cela peut ne pas tenir. Il faut savoir doser l'accélérateur. On a une petite routine pour vérifier. Mais on n’a pas la possibilité de tout vérifier visuellement donc il faut aussi sentir les choses et voir si on n'en demande pas trop à son bateau. L’eau est à 5,5 ° et l'air est à 8,2° à l'abri à l'intérieur. » 
   
Extrait du classement de 11h00 :       
 1 – Jean Pierre Dick / Paprec Virbac
2 - Sébastien Josse / BT à 37,8 milles
3 – Roland Jourdain / Veolia Environnement à 62,3 milles
4 – Mike Golding / Ecover à 68,7 milles
5 - Loïck Peyron / Gitana Eighty à 72,5 milles
6 – Jean Le Cam / VM Matériaux à 81,3 milles
7 – Yann Eliès / Generali à 105,2 milles

8 – Vincent Riou / PRB à 106,2 milles

     

      

      

  Bienvenue dans le sud, J+26 - 05/12/08

          

Avec l’entrée hier dans l’Océan Indien, le Vendée Globe a pris encore une autre tournure. Le ciel est de plus en plus gris, la brume est désormais omniprésente et la houle croisée et formée. Ajoutez à cela une température de 8° (à l’intérieur du bateau !) et une eau à 5,5° et vous aurez la parfaite carte postale des conditions de vie qui vont animer le quotidien des solitaires dans l’Indien. Evidemment, le vent vient ajouter encore un peu plus d’hostilité à cette zone dont se méfie la plupart des marins. Vincent Riou racontait ce matin qu’il naviguait dans un vent moyen de 30 nœuds atteignant 34 dans les rafales et même 40 en début d’après midi ! Le skipper de PRB s’est agité toute la nuit pour être sûr de porter systématiquement la « bonne toile » et limiter la prise de risques. Comme la plupart de ses adversaires, Vincent a cherché, après avoir passé la deuxième Porte, celle des Kerguelen, à glisser dans le Sud. Il progresse désormais tout près de Foncia. Michel Desjoyeaux continue en effet sa cavalcade et fait maintenant partie lui aussi du groupe des poursuivants.
La flotte va rencontrer dès la fin d‘après-midi et une partie de la nuit un vent mollissant et refusant. Une fois cette dorsale passée, les solitaires empanneront pour repartir de nouveau plus fort dans un flux de Nord Ouest. Selon Vincent, il faut continuer aujourd’hui à plonger dans le Sud pour ne pas subir trop de ralentissement mais sans oublier de faire de l’Est. Une fois encore tout va être une question de « curseur ». D’autant que les risques de glaces ne sont pas loin. Tous les marins observent donc la température de l’eau, scrutent l’horizon à chaque sortie sur le pont et analysent les informations reçues de l’organisation. Dans les conditions de navigation actuelles, mieux vaut comme Vincent ne jamais se départir de sa sérénité. « La route optimum me fait passer à 70 milles d’un des derniers gros icebergs repérés par ici. Il sera par notre travers dans environ 5 heures (soit fin d’après-midi pour nous, ndlr). Après les Iles Crozet (archipel situé dans le Sud de l’Océan Indien), on sera tranquille jusqu’en Australie » analysait le skipper de PRB. Au classement de 11h, ce sont les marins positionnés hier plus Sud qui avaient l’avantage tel Jean Pierre Dick qui s’empare pour la première fois de la tête de ce Vendée Globe. Il était suivi par Sébastien Josse à 37 milles de son tableau arrière. Vincent progressait quant à lui à 15,4 nœuds de moyenne à la 8ème place du classement.   
 

            

 Vincent par téléphone hier midi :

« Depuis le début de semaine, cela va tranquille à bord de PRB. Il ya deux nuits, on a eu beaucoup d’air et une mer croisée. J’ai fait quelques pirouettes avec mon bateau, en particulier un joli départ à l’abattée. Le bateau s’est couché sur l’eau. J’ai réussi à me faire un peu mal au pied. Je me suis cassé la figure, rien de grave. Ca refroidit un peu quand ça arrive en plein milieu de la nuit. Du coup, cette nuit, j’ai navigué tranquille et j’ai renvoyé de la toile en milieu de nuit quand le vent a molli. La hantise du marin, c’est ce qu’il ne peut pas prévoir, ce sont tous ces objets flottants, que ce soit la glace ou autre chose. Fort heureusement il n’y a pas eu de casse cette nuit, tout va bien. J’ai juste un peu de ménage à faire à l’intérieur car vu l’angle qu’a pris le bateau, il y a des trucs qui ont valsé à l’intérieur.»     

       

Extrait du classement de 5h00 : 1 – Yann Elies / Generali
2 –  Sébastien Josse / BT à 2,0 milles
3 –Loïck Peyron / Gitana Eighty  à 12,8 milles
4 – Jean Pierre Dick / Paprec Virbac à 51,5 milles
8 – Vincent Riou / PRB à 81,3 milles  

 

 

 

Classement à 11 heures
1  Michel Desjoyeaux (Foncia) à 11925.3 milles de l'arrivée 
2 Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 60.0 du leader  
3 Sébastien Josse (BT) à 160.3 milles 
4 Jean Le Cam (VM Matériaux) à 186.3 milles   
5 Armel Le Cléac´h (Brit Air) à 441.8 milles
6 Vincent Riou (PRB) à 460.8 milles

 

 

 

 

 

 

 « C'est un peu casque lourd. C'est rentré très vite hier après midi et là, je suis dans 40 - 42 nœuds de vent assez établi. Ce n'est pas très confortable car on doit abattre et ce n'est pas facile avec la petite toile qu'on porte » racontait Vincent à la vacation ce midi. Bref, les réjouissances ne sont pas pour tout de suite même si les milles qui séparent PRB de la tête de flotte continuent de fondre. Vincent est à 16h00 à 363 milles de Foncia et s’est offert, pour cadeau de Noël, la 5ème place ! Armel Le Cleac’h qui a choisi de se décaler dans le nord la nuit dernière a en effet rallongé sa route et se trouve maintenant à une petite trentaine de milles du tableau arrière PRB.
Pour Vincent, en début d’après-midi (pour nous, ndlr), la question était de ne pas faire d’erreur concernant la garde robe de PRB. Fidèle à sa philosophie, le skipper avait opté pour trois ris dans la Grand Voile et le petit foc à l’avant. Une voilure « prudente » qui le faisait avancer à 15 nœuds de moyenne dans une superbe nuit étoilée. Les conditions ne permettaient pas pour autant d’enfiler ses charentaises (cadeau de Noël de son fils, ndr) et encore moins de se plonger dans son livre d’astronomie reçu aussi pour Noël… Les jours à venir ne seront pas plus favorables pour tester ces cadeaux car le vent devrait être fort pour les prochaines 72 heures mais au portant ! Ce qui faisait dire à Vincent que les conditions pour traverser le Pacifique s’annonçaient belles. L’enjeu jusqu’au Cap Horn, prévu vers le 4 janvier pour PRB, sera de continuer à bénéficier des milles grappillés ces derniers jours. Comprenez, ne pas se laisser distancer lorsque la météo sera de nouveau favorable pour faire avancer la tête de flotte. « Surtout d’ici demain quand les leaders commenceront à avoir des vents sympas » précise Vincent.   
     
Vincent à la vacation aujourd’hui :
«Joyeux Noël à tous. C'est un peu casque lourd. C'est rentré très vite hier après midi et là, je suis dans 40 - 42 noeuds de vent assez établi. Ce n'est pas très confortable car on doit abattre et ce n'est pas facile avec la petite toile qu'on porte. Mais, on ne vas pas se plaindre car on n'est pas les plus mal lotis de la flotte. Je ne vais pas changer de ligne de conduite. J'essaye de faire ça tranquillement. Après cette dépression, la mer devrait être plus sympa. Et les conditions devraient être belles. On pourra atteindre de meilleures allures. L'objectif est d'arriver au Cap Horn sans trop de retard et surtout avec le bateau entier ! C'est le but du jeu. Là, on a deux-trois mètres de creux. Parfois, le bateau démarre dans les surfs. On est sous trois ris et petit foc. Si on ajoute de la toile, on sera très vite au dessus de 20 nœuds et c'est un peu chaud ! On prend le risque d'abîmer les voiles si on part au lofe. Si on arrive avec 400 milles de retard au Horn, ce sera jouable en Atlantique. Il ne va pas falloir se faire décrocher lorsque les leaders vont recommencer à avancer. Je pense que je passerai le Cap Horn vers le 4 janvier car d'après les routages, le 3, je serai à 350 milles du Cap. Donc, il y a encore un peu de route. C'est très bien que les portes aient été décalées au Nord mais du coup, cela rallonge un peu la route. Jusqu'au 3, on va progresser au portant avec du vent entre 25 et 35 nœuds. Ce sont de belles conditions pour traverser le Pacifique. Quand je vous parle, je suis à la table à cartes avec la lampe frontale. J'ai pris mes fichiers météo un peu tard aujourd'hui donc je suis en train de regarder tout ça pour la semaine à venir.. »
      
Extrait du classement de 16h00 :
1 – Michel Desjoyeaux / Foncia
2 - Roland Jourdain / Veolia Environnement à 27,8 milles
3 – Jean Le Cam / VM Matériaux à 171,1 milles
4 – Sébastien Josse / BT à 176,6 milles
5 – Vincent Riou / PRB à 363,1 milles
6 – Armel Le Cleac’h / Brit Air à 392,8 milles


 


 





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